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baal
/ ba-al /
s. m.
Grande divinité des Assyriens, que les Grecs assimilaient
à leur Jupiter. Qui peut vous inspirer une haine si forte ?
Est-ce que de Baal le zèle vous transporte ? Pour moi, vous
le savez, descendu d'Ismaël, je ne sers ni Baal ni le Dieu
d'Israël, Rac. Ath. III, 3.
/ En style biblique,
Baal est le nom collectif des dieux des païens.
baanite
/ ba-a-i-t' /
s. m.
Hérétique appartenant à une sorte de secte manichéenne.
bab
/ bab /
s. m.
Nom du chef d'une secte religieuse qui s'est élevée de
nos jours en Perse et qui a été en butte à d'horribles
persécutions. Le chef de la religion, le Bab, c'est-à-dire
la porte ou le point, n'est qu'une émanation plus directe de
la divinité, F. Chaulnes, Journal offic. 30 janv.
1875, p. 816, 2e col.
baba
/ ba-ba /
s. m.
Pâtisserie dans laquelle sont mêlés des raisins de
Corinthe.
/
Au plur.
Des babas.
babel
/ ba-bèl /
s. f.
Babylone.
/ Poétiquement. Il
[Paris] bâtit au siècle où nous sommes, Une babel pour tous
les hommes, Un panthéon pour tous les dieux, V. Hugo,
Voix, 4.
P. C'est la tour de Babel,
se dit, par allusion au récit biblique, d'une assemblée où
tout le monde parle sans s'entendre, où personne n'est
d'accord.
babélique
/ ba-bé-li-k' /
adj.
Qui a rapport à la tour de Babel, et fig. qui est plein
de confusion, de foule. Je crus voir de Paris se dessiner
l'image... Ses faubourgs fourmillants, ses halles
babéliques, Ant ; Campaux, Maisonnette, p. 16.
Pourtant, l'italien, l'allemand, l'anglais, ont eu leur
part, accusant ainsi le caractère un peu babélique de ces
réunions internationales [le congrès botanique de Florence],
J. E. Planchon, Rev. des Deux-Mondes, 15 juill. 1874,
p. 457.
baberi
/ ba-be-ri /
adj.
Nom d'une écriture qui a été usitée en Perse. Il [le
sultant Baber] rappelle surtout avec complaisance une
écriture singulière, à laquelle il avait donné son nom...
c'était l'écriture baberi... l'existence de l'alphabet
baberi ne peut être révoquée en doute... Ferd. Delaunay,
Journ. offic. 27 août 1872, p. 5721, 3e col.
babeurre
/ ba-beu-r' /
s. m.
Nom vulgaire du lait de beurre ou petit-lait,
c'est-à-dire liquide blanc qui reste du lait, quand la
partie grasse du lait est convertie en beurre.
babiche
s. f.
Barbiche. Couper ses babiches.
2. babiche
/ ba-bi-ch' /
s. f.
ou babichon
/ ba-bi-chon /
s. m.
Nom d'une sous-variété de petits chiens, dits chiens
d'appartement. Vous perdez pour une babiche Des pleurs qui
suffiraient pour racheter un roi, Voit. Poésies.
babil
/ ba-bill, ll mouillées /
s. m.
1. Abondance de paroles
faciles et sans importance. Les jeunes filles acquièrent
vite un petit babil agréable, J. J. Rouss. Em. V. Il
écoutait au maillot le babil de sa nourrice, id. Em.
I. L'éloge va se placer comme de lui-même dans leur babil
éternel [des académiciens], Montesq. Lett. pers. 73.
2. Cri de la corneille et de
plusieurs oiseaux.
3. Terme de chasse.
Aboiement d'un limier qui a perdu la piste, ou qui donne
trop de voix.
S. babil, caquet. On
dit que les pies et les perroquets caquettes ; ce sens reste
dans l'emploi de caquet. Le caquet exprime une élévation de
ton, une prétention à régenter ou à médire, et des propos
bons ou mauvais. Babil n'implique rien de tout cela ; ce
n'est que la simple effusion, en paroles faciles, d'une
personne qui se complaît à parler.
H. XVe s. Au fait
d'amours, babil est peu de chose ; Riche amoureux a toujours
l'avantage, Villon, Ball.
/ XVIe s.
Ils convertissent la philosophie en un babil sophistique,
Calv. Instit. 537. Des nonnains la doulce babille. Leur
babil sainct, le chant d'icelles, Leurs ceremonies tant
belles, Marot, IV, 187.
babillage
/ ba-bi-lla-j', ll mouillées, et
non ba-bi-ya-j' /
s. m.
Action de babiller qui se prolonge. Quand finira ce
babillage ?
babillard, arde
/ ba-bi-llar, llar-d', ll
mouillées, et non ba-bi-yar ; le d ne se lie pas : un
babillard ennuyeux, dites : ba-bi-llar ennuyeux ; au pluriel
: des ba-bi-llar ennuyeux ; cependant plusieurs prononcent
l's : des ba-bi-llar-z ennuyeux /
adj.
1. Qui aime à babiller.
Enfant babillard. Les passions sont un peu babillardes.
Volt. Lettr. Schouvalof, 11 juin 1761.
/ Il se dit des
oiseaux parleurs. Perroquet babillard ; pie babillarde.
/ Terme de chasse.
Chien babillard, chien qui aboie trop ou qui aboie après
avoir perdu la trace.
2. Substantivement. C'est un
babillard, une babillarde.
/ Par extension,
personne qui ne sait pas garder un secret. Il ne faut jamais
confier son secret à un babillard.
3. Dans un moulin, axe
agitant l'auget qui fait descendre le grain de la trémie
entre les meules du moulin.
S. babillard, bavard.
La différence entre babillage et bavardage indique la
différence entre babillard et bavard. Le babillage est
facile et futile ; il n'est pas nécessairement ennuyeux et
fatigant ; au lieu que le bavardage n'a rien qui le rachète.
De même le babillage n'est point déplaisant de nécessité ;
il ne l'est que par le temps, la circonstance et l'excès ;
au lieu que le bavard est nécessairement déplaisant, étant
dépourvu de l'agrément que le babil a quelquefois chez les
enfants, chez les femmes, et dans les circonstances qui le
comportent.
H. XVIe s.
Combien avons nous meilleure raison de detester ces
babillars, lesquels se contentent d'avoir l'evangile au bec,
le mesprisant en toute leur vie ? Calv. Instit. 537.
Ptolomée Lamyros, c'est à dire plaisanteur et babillard,
Amyot, Cor. 15.
babillement
/ ba-bi-lle-men, ll mouillées /
s. m.
Action de babiller.
babiller
/ ba-bi-llé, ll mouillées, et non
ba-bi-yer /
v. n.
1. Parler beaucoup,
facilement, et surtout pour le seul plaisir de parler. C'est
véritablement la tour de Babylone ; Car chacun y babille, et
tout du long de l'aune. Mol. Tart. I, 1.
2. Dire du mal. Je sais que
l'on babille sur moi.
3. Se dit d'un limier qui
donne trop de voix.
H. XVe s.
Sçais-tu qu'il est, ne me babilles Meshuy de ton bee : et me
pays, Patelin.
/ XVIe s.
Tous ceux qui babillent que nous sommes justifiez par soy...
Calv. Inst. 603. Parce qu'il n'est pas usité, Ne
commun qu'une femme ou fille Sçaiche tant, ne qu'elle
babille Latin, ne gros, ne elegant, Marot, IV, 163.
babillerie
/ ba-bi-lle-rie, ll mouillées /
s. f.
Habitude de babiller. Ce sont ordinairement des amitiés
des jeunes gens qui se tiennent aux moustaches, aux cheveux,
aux œillades, aux habits, à la morgue, à la babillerie,
St ; Fr. de Sales, p. 513.
babine
/ ba-bi-n' / ou babouine
/ ba-boui-n' /
s. f.
1. Nom vulgaire des lèvres
chez les singes, les chiens, les ruminants, etc.
2. Fig. et populairement.
S'en donner par les babines, faire un bon repas, manger son
bien.
/ Se lécher les
babines, manifester le plaisir qu'on a éprouvé en mangeant
ou en buvant quelque chose de bon.
H. XIVe s. Les
babines estant disjointes bien demi pied, demeurant ouvertes
en cette belle extase, Moyen de parvenir, p. 258.
babiole
/ ba-bi-o-l' /
s. f.
1. Jouet d'enfants.
2. Fig. et familièrement,
chose de peu de valeur, d'importance. Et cent autres
babioles que je sais quelquefois par cœur, Sév. 346.
On voulait, disait Alberoni, tromper le roi d'Espagne, et le
traiter comme un enfant, on lui montrait de loin une
babiole, St-Sim. 494, 206. Les artistes mettent un
prix arbitraire à leurs babioles, J. J. Rouss. Em.
III.
H. XVIe s. Elle
pendit ceste medaille à son col avec les aultres babioles
que femmes et filles y portent communement, Carloix,
VIII, 26.
babion
/ ba-bi-on /
s. m.
Sorte de petit singe.
babiroussa
/ba-bi-rou-sa / ou babirussa
/ ba-bi-ru-sa /
s. m.
Mammifère pachyderme, dit aussi cochon-cerf (sus
babirussa, L.).
bablah
/ ba-bla /
s. m.
Substance végétale employée dans la teinture. Gousses
tinctoriales, 4 fr ; les 100 kilogrammes : on comprend sous
cette dénomination, particulièrement le bablah des Indes et
le libidibi ou dividivi d'Amérique, Cordier, Journ.
offic. 3 juill. 1872, p. 4517, 2e col.
bâbord
/ bâ-bor ; le d ne se lie jamais :
le bâbord est... dites : le bâ-bor est, et non le bâ-bor-t
est /
s. m.
Terme de marine. Côté gauche d'un bâtiment, quand, placé
à la poupe, on regarde la proue. Il est opposé à tribord.
/ Par extension, le
marin dit que tout ce qui est à sa gauche est à bâbord.
/ Fig. et
familièrement. Faire feu de tribord et de bâbord, faire
usage de toutes ses ressources.
H. XVIe s. Amure,
babord, Rab. Pant. IV, 22.
bâbordais
/ bâ-bor-dê /
s. m.
Terme de marine. Les hommes de l'équipage sont classés en
deux moitiés, dont l'une, appelée les bâbordais, a ses
hamacs à bâbord, et l'autre, comprenant les tribordais,
couche à tribord ; chacune de ces moitiés monte à son tour
sur le pont pour faire le quart, appelé de là quart de
bâbord et quart de tribord, Legoarant.
babotte
/ ba-bo-t' /
s. f.
Larve d'insecte qui dévore la luzerne.
baboucard
/ ba-bou-kar /
s. m.
Nom vulgaire de plusieurs espèces de martin-pêcheur.
babouche
/ ba-bou-ch' /
s. f.
Pantoufle en cuir de couleur, sans quartier et sans
talon. La pièce où j'unis hardiment Et la babouche et le bas
blanc, Volt. Lett. vers, 20. Le Turc partit en
traînant majestueusement ses babouches, Châteaub.
Itin. 74.
babouin
/ ba-bouin /
s. m.
1. Nom vulgaire et
spécifique du cynocéphale babouin, sorte de singe.
2. Fig. et familièrement,
enfant que l'on compare à un singe. [Il] S'avise De le
tancer : ah ! le petit babouin, Voyez, dit-il, où l'a mis sa
sottise. La Font. Fabl. I, 19.
/ On dit, en parlant
d'une petite fille, une petite babouine.
3. S'est dit autrefois d'une
figure ridicule que les soldats dessinaient grossièrement
sur les murs d'un corps de garde, pour la faire baiser, par
forme de punition, à ceux qui enfreignaient les lois
établies entr eux.
/ Fig. Faire baiser
le babouin à quelqu'un, le réduire à se soumettre, malgré
qu'il en ait.
4. Familièrement. Un
babouin, de petits boutons autour des lèvres.
H. XIVe s. Et
plusieurs autres bestes, si comme babuins et singes, J.
de mand. dans Du Cange, babewynus. Li quens de
Flandres Baudoin Ne semble mie babouin, Ne bec jaune, ne
fous naïs, Au departir de son pays, Guiart dans Du
Cange, baboynus.
/ XVIe s.
On n'emploie pas seulement les personnes à chasser les
oiseaux [des chenevières], mais les choses mortes, qu'on
appelle au païs les babouins, d'Aub. Fœn. III, 15.
babouine
/ ba-boui-n' /
s. f.
Voy. babouin.
2. babouine
/ ba-boui-n' /
s. f.
Voy. babine.
babouvisme
/ ba-bou-vi-sm' /
s. m.
Doctrine des babouvistes.
babouviste
/ ba-bou-vi-st' /
s. m.
Partisan de l'égalité absolue entre tous les hommes.
baby
/ ba-bi, au plur. babies, prononcé
aussi ba-bi ; la prononciation anglaise est be-bi,
Au plur.
be-bis' /
s. m.
Mot anglais qui se dit quelquefois aujourd'hui pour bébé,
petit enfant. Les babies britanniques ont des teints de
crème et de fraise, Th. Gautier, les Beaux-arts en
Europe, t. I, p. 44.
2. baby
/ ba-bi /
s. m.
Partisan de la doctrine religieuse de Bab. Après quelques
victoires, les babys furent défaits ; le Bab prisonnier fut
conduit à Tabriz, où on le supplicia, F. Chaulnes,
Journ. offic. 30 janv. 1875, p. 816, 3e_col.
babylone
/ ba-bi-lo-n' /
s. f.
Ville très-célèbre de l'Asie, située sur l'Euphrate.
/ Fig. et en style de
chaire, lieu de désordre et de crimes, le monde, la société.
babysme
/ ba-bi-sm' /
s. m.
Doctrine religieuse du Bab. Le babysme... cette secte
étrange [en Perse, 1847-1852] qui a eu ses dieux, ses
martyrs, ses prophètes et qui, bien qu'étouffée en
apparence, n'est peut-être pas bien morte encore... cette
doctrine... peut se résumer ainsi : Dieu est en tout, donc
tout est Dieu ; le chef de la religion, le Bab, c'est-à-dire
la porte ou le point, n'est qu'une émanation plus directe de
la divinité, F. Chaulnes, Journ. offic ; 20 janv.
1875, p. 816, 2e col.
bac
/ bak /
s. m.
1. Grand bateau glissant le
long d'un câble qui sert à le faire mouvoir et destiné à
passer les hommes, les animaux, les voitures, etc. d'un bord
d'une rivière à l'autre. précomtal avait fait passer l'Adige
à une vingtaine de soldats, au-dessous de Vicence, près
d'Albaredo, où ils étaient, pour amener un bac de notre
côté, St-Sim. 95, 2.
2. Technologie. Cube en
pierre pour recevoir l'eau de pluie,
/ Grand coffre pour
piler le sucre au sortir de l'étuve.
/ Vase de bois dans
lequel le brasseur prépare les grains et le houblon.
/ Endroit plein d'eau
pour conserver le poisson.
/ Bassin en briques
pour éteindre la chaux.
/ Bac à eau, baquet
pour mettre de l'eau, dont on fait usage dans les serres.
/ Bac à terre, baquet
servant à délayer la terre pour terrer le sucre.
3. Bac oblique, bac réuni
obliquement à un câble tendu d'une rive à l'autre, de
manière à traverser la rivière par l'action même du courant.
H. XIIe s. Si
s'en est jusqu'al port aléas Et li notoniers avec lui ; Si
s'en entrent el bac andui [tous les deux], Chrestien de
Troyes, Perceval le Gallois, v. 9736.
/ XVe s.
Une fois puet on, quoi qu'on die, Faire une grant feste en
sa vie, Une fois fault passer ce bac [se marier], E.
Deschamps dans Ste-Palaye.
2. bac
/ bak /
s. m.
Abréviation dont se servent les joueurs en parlant du
baccara. Taillant un petit bac, Alph. Daudet, Journ.
offic., 1876, p. 9490, 2e_col.
bacaliau
/ ba-ka-li-ô /
s. m.
La morue séchée.
bacbuc
/ ba-kbuk /
s. f.
Dans Rabelais, la dive Bacbuc, la bienheureuse bouteille.
baccalauréat
/ ba-kka-lo-ré-a /
s. m.
Le premier grade universitaire, celui qui donne le titre
de bachelier. Se préparer pour le baccalauréat.
baccara
/ ba-ka-ra /
s. m.
Jeu de cartes qui se joue entre un banquier et un certain
nombre de pontes.
bacchanal
/ ba-ka-nal /
s. m.
Familièrement, grand bruit, vacarme.
/ Il n'a point de
pluriel.
H. XIIIe s.
Durant les quatre samedis fu si grant baquenal en la mer
devant Damiette, que il y ot bien douze vins vessiaux, que
grans que petiz, briziez et perdus, Joinv. 219.
bacchanale
/ ba-ka-na-l' /
s. f.
1. Danse bruyante et
tumultueuse.
/ Familièrement,
débauche faite avec bruit.
2.
Au plur.
Fêtes que les anciens célébraient en l'honneur de
Bacchus.
/ Au sing.
Représentation d'une danse de bacchantes et de satyres. La
bacchanale du Poussin.
S. bacchanale,
bacchanal. Un bacchanal, c'est un grand bruit, un grand
tapage. Une bacchanale ajoute au bruit le sens de fête
désordonnée ou de débauche.
H. XVIe s. Quant
aux remunerations bacchanales [bacchiques], les uns et les
autres y participent, et il est difficile d'avoir continué
ce train ici quelque temps, qu'on en sente desjà les
avant-coureurs des maladies, Lanoue, 522.
bacchante
/ ba-khan-t' /
s. f.
1. Prêtresse de Bacchus
célébrant les bacchanales.
2. Fig. C'est une bacchante,
une vraie bacchante, se dit d'une femme sans modestie et
sans retenue. Une mode qui éloigne les cheveux du visage,
bien qu'ils ne croissent que pour l'accompagner, qui les
relève et les hérisse à la manière des bacchantes... La
Bruy. 13.
3. Joli papillon de France
qui vole par saccades.
bacchiaque
/ ba-khi-a-k' /
adj.
Vers bacchiaque, sorte de vers grec ou latin composé
principalement de bacchius.
bacchius
/ ba-khi-us' /
s. m.
Pied grec ou latin composé d'une brève et de deux
longues.
bacchus
/ ba-khus' /
s. m.
1. Divinité de la Fable,
présidant au vin.
2. Fig. Le vin lui-même. Il
les mène à sa table oublier leur querelle, Et Bacchus scelle
entre eux une paix éternelle, St-Lambert, Saisons,
Hiver.
baccifère
/ ba-ksi-fê-r' / adj.
Terme de botanique. Qui porte des baies.
bacciforme
/ ba-ksi-for-m' /
adj.
Terme de botanique. Qui a la forme d'une baie.
baccivore
/ ba-ksi-vo-r' /
adj.
Terme de zoologie. Qui vit principalement de baies.
bacha
/ ba-cha /
s. m.
Espèce de préfet, chez les Turcs. Les prêteurs et les
proconsuls étaient, si j'ose me servir de ce terme, les
bachas de la république, Montesq. Espr. XI, 19 (voy.
pacha).
bachasse
/ ba-cha-s' /
s. f.
Terme rural. Chaussée d'un étang.
bachasson
/ ba-cha-son /
s. m.
Terme de papeterie. Auge qui donne de l'eau aux piles.
bachat
/ ba-cha /
s. m.
1. Auge à cochons dans
quelques provinces.
2. Terme de papeterie.
Cavité qui se trouve sous le pilon.
bache
/ ba-ch' /
s. m.
Terme de houillère en Belgique et dans le département du
Nord.
1. La cuve en bois servant à
puiser les eaux des réservoirs.
2. Réservoir dans lequel une
pompe verse l'eau pour une pompe supérieure.
3. Mesure de houille d'un
hectolitre.
4. Bache de hiercheur, petit
panier ou traîneau dans lequel les hiercheurs traînent la
houille ou les pierres.
bâche
/ bâ-ch' /
s. f.
1. Terme de jardinage.
Encadrement en bois ou en pierre, ordinairement abrité par
des vitraux et rempli de terre de bruyère ou autre.
2. Sorte de cuvette où se
rend l'eau puisée par une pompe aspirante, et où elle est
reprise par d'autres pompes qui l'élèvent de nouveau.
3. Petite caisse qui sert à
mesurer le minerai. Caisse employée pour jeter le minerai
dans le haut fourneau. Auge dans laquelle on refroidit les
scories.
4. En terme de marine,
partie de la grève où il reste de l'eau à marée basse.
5. Terme de pêche. Bâche ou
bâche traînante, filet en forme de poche que l'on traîne sur
le sable, dans les endroits où il y a peu d'eau, pour
prendre le poisson dans les rivières.
6. Pièce de grosse toile ou
de cuir dont on recouvre les diligences, les charrettes, les
bateaux, pour garantir les marchandises de la pluie.
7. Terme de houillère.
Planche sciée de longueur pour revêtir les parois des bures.
/ Espèce de plancher
que l'on établit pour faciliter le roulage.
bâché, ée
/ bâ-ché, chée /
part. passé.
Recouvert d'une bâche. Une diligence bien bâchée.
bachelette
/ ba-che-lè-t' /
s. f.
Jeune fille gracieuse. Une gentille bachelette. Vous
cajolait la jeune bachelette, La Font., Cloch.
H. XIIIe s. Et se
ce est vallet [si c'est un garçon], Si lui quiere un auget ;
Et se c'est baisselette [une fille], Si lui quiere minette,
De l'oustillement au vilain, p. 16. Et comme bonne
baisselete, Tiengne la chambre Venus nete, la Rose,
13539.
bachelier
/ ba-che-lié : l'r ne se lie jamais
; au pluriel, l's se lie : les bacheliers et... dites : les
bache-lié-z et... /
s. m.
1. En termes de féodalité,
jeune gentilhomme qui, n'ayant pas moyen de lever la
bannière, était contraint de marcher sous celle d'autrui,
qui aspirait à être chevalier et tenait rang entre le
chevalier et l'écuyer. Les jeunes gens étaient bacheliers,
ce qui voulait dire chevaliers, ou varlets et écuyers,
Volt. Mœurs, 97. Pour un signe de deux beaux yeux, On
sait qu'il n'est rien que ne fassent Les seigneurs et les
bacheliers, V. Hugo, Ball. 13.
2. Garçon. Dans la Touraine,
un jeune bachelier, La Font. Cloch. Vieux en ce sens.
3. Celui qui dans la faculté
de droit canon, après trois ans d'étude, soutenait un acte
dans les formes prescrites par la faculté. Le bachelier,
plongé dans les quatre premiers siècles, traite toute autre
doctrine de science triste, vaine et inutile, pendant qu'il
est peut-être méprimé du géomètre, La Bruy. 12. J'ai
des forces, du feu, de l'esprit, de l'étude ; Et jamais sur
les bancs on ne vit bachelier Qui sût pus à propos
interrompre et crier, l'abbé de Villiers, Art de
prêcher. Il vous faudra un jour réprimer les bacheliers en
fourrure, ainsi que les gens en bonnet à trois cornes,
Volt. Lettr. la Chalotais, 9 juin 1763.
/ Dans l'ancienne
faculté de médecine, celui qui avait étudié deux ans et qui,
ayant subi l'examen général, était revêtu de la fourrure
pour entrer ensuite en licence.
4. Aujourd'hui, dans
l'Université, celui qui est promu au bacchalauréat, dans une
faculté. Bachelier ès lettres, ès sciences, en droit.
H. XIe s. Et
escremissent [font des armes] cil baceler leger, Ch. de
Roi, VIII.
/ XIIe s.
Tuit baceler et noble conquerant, Ronc. p. 131,
Breton, flaman, baceler parisant, ib. p. 156. Blont
[il] et le poil, menu recercelé [à boucles menues], En nule
terre n'ot si beau baceler, Romancero, p. 51. Sire,
fait-il, laenz sunt quatre bacheler, Des chevaliers le rei,
Th. le Mari, 139.
/ XIIIe s.
Quant iere bachelers legiers, Volentiers gelines menjole, En
ces haies où ges [je les] trovoie, Ren. 13100. Entre
vous et ce bacheler Robichonet au vert chapel, Qui si tost
vient à vostre apel, Avés-vous terres à partir ? la Rose,
8566. Un bacheler françois qui cuidoit que la coustume de
France fust de sustance de mariage, une feme qu'il avoit
prise segont la costume où il estoit, lessa et prist une
autre, Liv. de Just. 178. Quant je reving à ma nef,
je mis en ma petite barge [barque] un escuier que je fiz
chevalier, et deux moult vaillans bachelers, Joinv.
214.
/ XVe s.
Car c'est le metal [l'or et l'argent] par quoi on acquiert
l'amour des gentils hommes et des povres bacheliers,
Froiss. I, 1, 8. Sur ce la bonne dame [Isabelle
d'Angleterre] avoit jà prié moult de chevaliers, bacheliers
et aventuriers qui lui promettoient que très volontiers ils
iroient, id. I, 1, 19.
bâcher
/ bâ-ché /
v. a.
1. Couvrir d'une bâche.
Bâcher une voiture.
2. Terme de houillère en
Belgique. Poser les bâches sur madriers et les clouer sur
les bois de la cloison qui coupe le puits selon son axe
longitudinal.
/ Plancheier une voie
descendante pour faciliter le roulage.
bâcheur
/ ba-cheur /
s. m.
Ouvrier chargé de bâcher, c'est-à-dire de poser les
madriers dans les mines de houille. Primes distribuées aux
hercheurs, aux bâcheurs et aux avaleurs, Journ. offic.
25 février 1873, P ; 1361, 1re col.
bachique
/ ba-chi-k' /
adj.
Qui appartient, qui a rapport à Bacchus, le dieu du vin.
Fête bachique, Il condamna la musique bachique, Fén.
Tél. XII.
/ La liqueur
bachique, le vin.
/ Chanson bachique,
chanson à boire. [Un des conviés] Lamentant tristement une
chanson bachique, Boil. Sat. III Je ne tiens qu'au
refrain bachique Par le tournebroche annoncé, Bérang.
Tournebr.
/ Terme de peinture.
Genre, scène bachique, se dit des tableaux qui représentent
des scènes de buveurs.
R. On ne voit pas pourquoi
l'Académie ne veut qu'un c à bachique, tandis
qu'il y en a deux à bacchanal, bacchanale,
bacchante.
bâchire
/ bâ-chi-r' /
s. f.
Terme de houillère en Belgique. Cloison de planches
clouées dans une bure.
bachlick
/ bach-lik / ou bachelick
/ ba-che-lik /
s. m.
On vend sous ce nom une espèce d'écharpe en filet de
laine à larges mailles, formant capuchon pour la tête, avec
des bouts pendants et munis de longues houpes ; le mot et la
chose sont d'origine russe. Enveloppé dans sa peau de
mouton, la tête encapuchonnée dans son bachlick, son long
fusil lui battant le dos à chaque secousse, il [le cavalier
tartare du Caucase] trottine silencieusement,... J.
Patenôtre, Rev. des Deux-Mondes, 1er déc.
1874, p. 524.
bachmourique
/ bach-mou-ri-k' /
adj.
Dialecte bachmourique, dialecte de la langue copte.
bacholle
/ ba-cho-l' /
s. f.
1. Casserole de cuivre dont
on se sert dans les papeteries.
2. Vase en bois dans lequel
le fromager dépose la pelote de lait caillé, pour faire le
fromage du Cantal, Les Primes d'honneur, p. 448,
Paris, 1874.
bachon
/ ba-chon /
s. m.
bachoue
/ ba-choue /
s. f.
Grand vaisseau de bois pour transporter les boyaux au
lavoir, etc.
bachot
/ ba-cho /
s. m.
1. Petit bateau.
2. Nom, dans les environs de
Paris, du vase dans lequel on recueille le raisin. Il faut
six bachots pour faire une barrique de vin.
bachotage
/ ba-cho-ta-j' /
s. m.
Droit établi sur les bachots.
bachoteur
/ ba-cho-teur /
s. m.
Batelier qui conduit un bachot.
bachotte
/ ba-cho-t' /
s. f.
Terme de pêche. Espèce de baquet pour transporter des
poissons.
bachou
/ ba-chou /
s. m.
Sortie de tonneau ouvert par le haut et servant de hotte.
bachoue
/ ba-choû /
s. f.
Voy. bachon.
bacile
/ ba-si-l' /
s. m.
Terme de botanique. Plante ombellifère qu'on nomme aussi
perce-pierre, passe-pierre, christe-marine ou fenouil marin
(crithmum maritimum, L.).
bacillaire
/ ba-sil-lê-r' /
adj.
Terme d'histoire naturelle. Qui est long, grêle et
cylindrique comme une baguette.
bacinet
/ ba-si-né /
s. m.
1. Terme de botanique.
2. Partie de l'armement de
tête des hommes d'armes (voy. bassinet).
bâclage
/ bâ-kla-j' /
s. m.
Arrangement des bateaux dans un port pour la charge et la
décharge des marchandises.
/ Fermeture d'un port
par des chaînes, des câbles, etc.
/ Fermeture du
passage d'une rivière par des hérissons.
bâclé, ée
/ bâ-klé, klée /
part. passé.
Une porte bâclée.
/ Fig. C'est une
affaire bâclée, terminée vite et à la hâte.
bâcler
/ bâ-klé /
v. a.
1. Fermer une porte ou une
fenêtre avec une barre de bois ou de fer.
/ Bâcler un port, le
fermer avec des chaînes.
/ Bâcler une rivière,
en fermer le passage avec des hérissons.
2. Bâcler un bateau, le
fixer pour le charger et le décharger.
3. Fig. et familièrement,
expédier un travail à la hâte. Il a lestement bâclé sa
besogne.
H. XIIIe s.
Renost Qui bacle, Géraud, Paris sous Philippe le Bel,
p. 43.
bacneur
/ ba-kneur /
s. m.
Ouvrier qui creuse les bacnures.
bacnure
/ ba-knu-r' / ou baquenure
/ ba-ke-nu-r' /
s. f.
Terme du pays de Liège, qui désigne une galerie faite à
travers les bancs de roches perpendiculairement au puits de
la mine ; c'est le synonyme de bouveau 2.
bacologique
/ ba-ko-lo-ji-k' /
adj.
Qui a rapport aux vers à soie. La campagne bacologique -
ceci regarde ceux qui s'occupent de la production de la soie
- a été splendide au Japon, où on a eu des graines
excellentes et en grande quantité en beaucoup d'endroits.
Journ. offic. 7 oct. 1874, p; 6894, 3e col.
baconisme
/ ba-ko-ni-sm' /
s. m.
Philosophie de Bacon, philosophie expérimentale.
baconiste
/ ba-ko-ni-st' /
s. m.
Disciple de Bacon ; adhérent à la philosophie de Bacon.
baconner
/ ba-ko-né /
v. a. Mettre dans un baquet
d'eau salée.
bactérie
/ ba-kté-rie /
s. f.
Infusoire végétal, possédant une faculté de locomotion
qui se retrouve dans beaucoup de conferves. Les bactéries
jouent dans les tissus et les humeurs des êtres organisés le
rôle destructeur des principes immédiats que jouent les
champignons microscopiques appelés ferments.
/ Bactéries du sang
de rate, bactéries qui se développent dans le sang des
animaux morts de cette maladie et aussi dans le sang des
individus atteints de pustule maligne.
/ On dit aussi
bactéridie. M. Pasteur met hors de doute que le principe
toxique c'est bien l'être organisé, la bactéridie, Journ.
offic. 3 mai 1877, p. 3232, 3e col.
bactérique
/ ba-kté-ri-k' /
adj.
Qui a rapport aux bactéries. On peut comprendre [en
considérant la diffusion, dans l'atmosphère, des corpuscules
invisibles] la marche des épidémies qui ravagent un pays,
épargnant certaines villes d'un même département ; est-ce là
un résultat de l'action de nuages bactériques s'abattant sur
un point et ne touchant point les autres? Bouchut,
Journ. offic. 8 juill. 1876, p. 4960, 1re col.
bactrien, ienne
/ ba-ktri-in, iè-n' /
adj.
Qui est relatif à la Bactriane. Le législateur bactrien,
Zoroastre.
bacul
/ ba-ku /
s. m.
Large croupière des bêtes de voiture, qui leur bat sur
les cuisses.
badail
/ ba-dall, ll mouillées /
s. m.
Terme de pêche. Sorte de filet en forme de chausse, que
l'on traîne au fond de l'eau.
badamier
/ ba-da-mié /
s. m.
Arbre de Malabar (terminalia catalpa, L.) qui
donne des amandes émulsives très agréables à manger et
fournissant par l'expression une huile douce analogue à
celle de l'olive.
badaud, aude
/ ba-dô, dô-d' ; le d ne se lie pas
; le badaud est... dites : le ba-dô est... l's se lie au
pluriel : les badauds à l'entour, dites : les ba-dô-z à
l'entour /
s. m.
et f.
/ Qui s'arrête à
considérer tout ce qui lui semble nouveau. Les badauds de
Paris, locution qui vient de ce que, à Paris comme dans les
grandes villes, une foule s'amasse rapidement autour de quoi
que ce soit. Tu seras des badauds en passant adoré,
Régnier, Sat. XVI. L'espoir qui le domine, C'est, chez
son vieux portier, De parler de la Chine Aux badauds du
quartier, Bérang. Jean de Paris. Et la vieille
badaude, au fond de son quartier, Dans ses voisins badauds
voit l'univers entier, Volt. Vanité. Un troisième,
moine et seigneur, dont les paysans sont mainmortables,
attendait un arrêt du conseil qui le mit en possession de
tout le bien d'un badaud de Paris qui, ayant par
inadvertance demeuré un an et un jour dans une maison
sujette à cette servitude, y était mort au bout de l'année,
id. l'Homme aux quarante écus, aud; du contr. gén.
Paris est un grand lieu plein de marchands mêlés... Et,
parmi tant d'esprits plus polis et meilleurs, Il y croît des
badauds autant et plus qu'ailleurs, Corn. Menteur, I,
1. Le tout glacé, verni, blanchi, doré, Et des badauds à
coup sûr admiré, Volt. Temple du goût.
S. badaud, benêt,
nigaud, niais. L'étymologie, du moins pour les
trois premiers, montre les nuances. Le badaud est celui qui
baye aux corneilles, qui s'arrête à toute chose, comme s'il
n'avait jamais rien vu ; le niais, comme le jeune oiseau qui
sort pour la première fois de son nid, est sans expérience,
et, en quoi une créature bénite, simple, et qui fait ou
croit tout ce qu'on veut. Le nigaud est celui qui s'attrape
à toute chose, et qu'aussi par toute chose on attrape.
H. XVIe s. Car
j'entends que plusieurs badaux S'en vont disant : ce n'est
qu'ivrognerie Que les vaux-de-vire nouveaux, Jean Le Houx.
II. Reputez grands badaux, et caillettes, sots en latin et
en françois, de l'avoir enduré, Sat. Mén. p. 83. Le
fort de Gournay, qu'on appelle maintenant bridebadaut,
ib. p. 155. Et ainsi le pauvre badaut de village s'en
alla quitte... Paré, XV, 28.
badaudage
/ ba-dô-da-j' /
s. m.
Action de badauder.
H. XVIe s. Il
estoit bourgeois de Paris, Et de fait par un long usage Il
retenoit du badaudage, Sat. Mén. p. 217.
badauder
/ ba-dô-dé /
v. n.
Faire le badaud. Il se conjugue avec l'auxiliaire
avoir.
badauderie
/ ba-dô-de-rie /
s. f.
Entretiens et actions de badauder. Nous allâmes au
Palais-Royal où la badauderie des courtisans m'étonna plus
que celle des bourgeois, Retz, III, 60.
H. XVIe s. Quand
les vieux soldats les surprenoient en telles badauderies,
Brant. Duels.
badaudois
/ ba-dô-doî /
s. m.
Terme de plaisanterie. Le monde des badauds, la gent
badaude. Les caillettes de tout parage... formèrent le corps
des vivandières, et les racoleurs enrôlèrent sans peine tout
le badaudois, Piron, dans Sainte-Beuve, Nouv.
lundis, t. IV (Alexis Piron).
bade
/ ba-d' /
s. f.
Terme de charpenterie. Ouverture du compas qui mesure les
jours entre une pièce de bois et la place où elle doit être
mise.
badelaire
/ ba-de-lê-r' /
s. m.
Terme de blason signifiant une épée courte, large et
recourbée.
R. Badelaire est le
même que baudelaire (voy. ce mot).
H. XIIe s.
Cavelier tira un grand panart ou badelaire, Du Cange,
badelare. Et lors il sacha un bazelaire et en fery si grand
cop... id. ib.
/ XVe s.
Si les convint couper plançons de bois à leurs épées et
leurs badelaires pour leurs chevaux lier, Froiss. I,
I, 38. Le connestable contre les coups se couvroit de son
bras et croisoit de son badelaire en soi défendant
vaillamment, id. III, IV, 28. Un petit coustel
portatif, appelé baudelaire, Du Cange, badelare.
/ XVIe s.
Affiloient, cimeterres, brancs d'acier, badelaires, Rab.
Prol. du livre III.
baderne
/ ba-dèr-n' /
s. f.
Terme de marine.
/ Tresse plus ou
moins large, faite de fils de caret et employée à recouvrir
les mâts, les vergues, les câbles, dans les parties que des
frottements pourraient détériorer.
/ Grosse tresse en
vieilles cordes pour empêcher des bestiaux de glisser par
l'effet du roulis.
/ Fig. Toute chose ou
tout individu hors d'état de servir.
badiane
/ ba-di-a-n' /
s. f.
Terme de botanique. Grand arbre de la Chine et de la
Tartarie (illicium anisatum, L.), qui porte des
fruits appelés anis étoilé.
badigeon
/ ba-di-jon /
s. m.
1. Couleur en détrempe dont
on peint les murailles.
2. Pâte qui sert à remplir
les trous et les défauts des figures sculptées et du bois.
badigeonnage
/ ba-di-jo-na-j' /
s. m.
Action de badigeonner.
badigeonné, ée
/ ba-di-jo-né, née /
part. passé.
Mur badigeonné.
badigeonner
/ ba-di-jo-né /
v. a.
1. Peindre une muraille avec
du badigeon. Badigeonner une façade.
2. Remplir les creux d'un
morceau de sculpture ou de menuiserie avec du badigeon.
badigeonneur
/ ba-di-jo-neur /
s. m.
Celui dont le métier est de badigeonner.
badignolle
/ ba-di-gno-l' /
s. f.
Nom provincial d'une espèce de bourrée. Qu'elle [une
délibération du conseil général d'Indre-et-Loire] a frappé
les... bois dur, cotrets, badignolles, bourrées, charbon de
bois et de terre, Décret, 24 novembre 1876,
Bulletin des lois, partie supplém. no
94, p. 358.
badillon
/ ba-di-llon, ll mouillées /
s. m.
Terme de marine. Petite brochette que l'on cloue de
distance en distance sur le gabarit d'un bâtiment en
construction, pour indiquer la largeur des pièces de bois.
badin, ine
/ ba-din, di-n' /
adj.
1. Qui se plait aux choses
légères. Un homme badin. Riez, Zélie, soyez badine et
folâtre à votre ordinaire, La Bruy. 13. Ce n'est que
pour toi seul qu'elle est fière et chagrine ; Aux autres
elle est douce, agréable, badine, Boil. Sat. X.
/ Substantivement.
Hors de mode aujourd'hui chez nos plus froids badins,
Boil. Sat. XII.
2. En parlant des choses. Un
air badin. Esprit badin. Lettre badine. L'âme du singe fit
tant de tours plaisants et badins, que l'inflexible roi des
enfers ne put s'empêcher de rire, Fén., t. XIX, 54. O
Dieu ! où serait ici votre sagesse de n'avoir montré des
hommes à la terre que pour faire des essais badins de votre
puissance ? Mass. Car. Avenir. Le ton de la
conversation y est [à Paris] savant sans pédanterie, gai
sans tumulte, poli sans affectation, galant sans fadeur,
badin sans équivoque, J. J. Rouss. Hél. II, 14.
/ Poème badin, poème
qui raconte, en un style léger, des aventures badines, comme
le Vert-Vert de Gresset.
/ En termes de
graveur, pointe badine, main adroite et légère à tracer les
traits.
3. Adj. Fou, peu
raisonnable. En ce sens il est peu usité présentement. Moi,
jaloux ! Dieu m'en garde, et d'être assez badin Pour m'aller
amaigrir avec un tel chagrin, Mol. le Dép. 1, 2.
/ Substantivement.
Sus, badin, levez-vous ; si vous tombiez dedans...
Régnier, Sat. XIV.
S. badin, enjoué,
folâtre. Badin, quand on laisse de côté le sens
ancien, qui le rapproche de badaud, signifie celui qui, se
plaisant aux choses légères, y met ou de l'esprit ou de la
grâce. L'enjoué met de la gaieté aux choses qu'il dit. Le
folâtre se livre à de petites folies qui ont leur charme, si
la circonstance s'y prête, mais qui dépassent et le badinage
et l'enjouement.
H. XVIe s. On
voit ez comedies italiennes tousjours un pedante pour badin
[plastron], Mont. I, 138. Quand je tanse avecques mon
valet, quand je l'appelle un badin, un veau... id. I,
270. J'ay veu aussi les badins excellents, vestus
simplement, id. II, 104. Pour rire un ris acheté à
prix d'argent, qu'ils payent à des baladins et à des badins
et joueurs de farces, Amyot, Tranquill. d'âme, 40. Au
reste ils sont si sots et si badins qu'ils craignent Les
charmeurs dont les points et la voix les contraignent A leur
faire service... Rons. 878.
badinage
/ ba-di-na-j' /
s. m.
1. Action de badiner. Un
innocent badinage. Le badinage de son humeur, Hamilt.
Gramm. 15. C'est une chose bien sérieuse que de mourir ; ce
n'est point alors le badinage qui sied bien, mais la
constance. La Bruy. 16. Croyez-vous qu'ébloui de vos
vaines paroles J'ignore qu'en effet tous vos discours
frivoles Ne sont qu'un badinage... Boil. Sat. X.
Vouloir accorder tout le luxe et tout le badinage du monde
avec la dévotion, cela n'est pas sans exemple, mais c'est
l'aveuglement le plus déplorable, Bourd. Pensées, t.
I, p. 459. Faire Dieu le sujet d'un badinage affreux,
Boil. Art. p. II.
2. Ton badin, manières
badines, style badin. Il y a un badinage agréable dans les
écrits de cet auteur. Imitez de Marot l'élégant badinage,
Boileau, Art. p. I. Quand il n'était question que de
plaisirs, on eût dit qu'il n'avait étudié toute sa vie que
l'art si difficile, quoique frivole, des agréments et du
badinage, Fonten. Argenson.
/ Locution
proverbiale, mais qui a vieilli : être instruit en badinage,
c'est-à-dire être fait à tout ce qu'on veut, être instruit
de toute l'intrigue, être accoutumé à tout ce qu'on désire.
3. Chasse au badinage, celle
qui consiste à attirer les canards sauvages à l'aide d'un
chien que l'on fait courir sur le bord de l'eau. La chasse
au badinage n'est pas une fable, comme le croient bien des
chasseurs ; si vous en doutez, faites-en l'expérience :
promenez-vous le long d'une mare assez large où s'ébattent
des canards domestiques ; et, quel que soit votre chien,
vous les verrez suivre tous ses mouvements, Carteron,
Premières chasses, Papillons et oiseaux, p. 96, Hetzel,
1866.
H. XVIe s. Je
sçay bien que les poures Egyptiens d'Erodote sont fort
moquez quant à leur religion, et ne nie pas que ce ne soit à
bon droict ; car on y voit de grans badinages, H. Est.
apolog. pour Hérod. Disc. prélim. VI.
badinant
/ ba-di-nan /
s. m.
1. Cheval surnuméraire dans
un attelage. Six chevaux de carrosse et un badinant. Il a
vieilli.
2. Avant la Révolution,
badinant, le neuvième conseiller d'une chambre, au parlement
de Paris.
badine
/ ba-di-n' /
s. f.
Baguette mince, souple et légère.
/
S. f.
plur. Sorte de petites pincettes.
badinement
/ ba-di-ne-man / adv.
D'une manière badine. Pégase s'agenouillait badinement,
quand Voiture le montait. Sarrazin, Pompe funèbre de
Voiture.
badiner
/ ba-di-né /
v. n.
1. Faire le badin,
plaisanter. Avec ses compagnons tout le jour badiner,
Sauter, courir, se promener, La Font. Fab. VIII, 16.
Je rapporte ceci pour une leçon qui doit apprendre à ne
jamais badiner avec les armes, St-Sim. I, 189. Le
disciple de Zénon a sans cesse la lance en arrêt contre la
volupté ; celui d'Epicure vit sous la même tente et badine
avec elle, Dider. Essai s. Claude, liv. II. Des
choses que vous dites en badinant, Sév. 111. Il
badine sur la belle pièce que j'ai faite, id. 562.
J'ai eu tort de badiner sur M. d'Oldenbourg, id. 435.
La maladie de nos jours est de vouloir badiner de tout,
Vauven. Sur les anc. et les mod. Mais du vent qui
s'élève un souffle inaperçu Badine avec ma voile et l'enfle
à mon insu, Lamart. Ep. à Delav. La véritable
grandeur s'abandonne quelquefois... elle rit, joue et
badine, mais avec dignité, La Bruy. 2.
/ Familièrement.
C'est un homme qui ne badine pas, il est grave, susceptible,
sévère.
/ Fig. En parlant des
ajustements. Cette dentelle badine. Laissez badiner ce
voile.
/ En termes de
manège, ce cheval badine avec son mors, il joue avec son
frein.
2. Avoir le ton badin, le
style badin. Cet auteur badine agréablement dans ses écrits.
Ce n'est pas quelquefois qu'une muse un peu fine Sur un mot
en passant ne joue et ne badine, Boil. A. poét. II.
/ Il se conjugue avec
l'auxiliaire avoir.
badinerie
/ ba-di-ne-rie /
s. f.
Chose dite ou faite pour badiner. Si le lecteur est
scandalisé de toutes les badineries qu'il a vues dans ce
livre, il fera fort bien de n'en lire pas davantage,
Scarr. Rom. com. ch. 12. Cette badinerie n'est ni fade,
ni usée, Sév. 572.
/ Chose folle ou
niaise. Si j'appréhende quelque chose, c'est que des
personnes un peu sérieuses ne traitent de badineries le
procès du chien et les extravagances du juge, Rac.
Plaiseurs, préface. Les génies les plus élevés tombent
quelquefois dans la badinerie, Boil. Longin, ch. 7.
H. XVIe s. Ce
sera quelqu'un qui fera mention d'une autre personne en
bonne part [dans les épitaphes], ou celuy-là est le meilleur
amy que j'aye, et plusieurs autres escripts pleins de telle
badinerie, Amyot, De la curiosité, 19.
badingue
/ ba-din-gh' /
s. f.
Voy. bandingue.
badours
/ ba-dour /
s. m.
plur. Tenailles moyennes.
badrée
/ ba-drée /
s. f.
En Normandie, marmelade de pommes ou de poires qu'on
étend sur les pâtisseries, sur les tartes, Delboulle,
Gloss. de la vallée d'Yères, Le Havre, 1876, p. 30.
badrouille
/ ba-drou-ll, ll mouillées /
s. f.
Terme de marine. Pelote formée de vieux cordages
goudronnés, pour chauffer un vieux bâtiment que l'on veut
caréner.
R. Le même que vadrouille
(voy. ce mot).
bafoué, ée
/ ba-fou-é, ée /
part. passé.
Il se vit bafoué, Berné, sifflé, moqué, joué, La Font.
Fab. X, 9.
bâfre
/ bâ-fr' /
s. f.
Repas abondant. Mot populaire.
bâfrée
/ bâ-frée /
s. f.
Partie de plaisir où l'on bâfre. Il y a bâfrée céans.
Populaire.
H. XIVe s. Couppe
le cuir [du cerf] par derriere les oreilles, en allant au
travers, en laissant grans bauffrées [pièces] du cuir
pendant, Modus, fo XXI, verso.
/ XVe s.
Le suppliant dit que si on faisoit son devoir, ou bailleroit
à icellui Julien une baufrée au long des joues, Du Cange,
buffa.
bâfrer
/ bâ-fré /
v. n.
Manger gloutonnement et avec excès. Populaire.
/ Il se conjugue avec
l'auxiliaire avoir.
H. XVIe s. Il
feut conclud que ils les bauffreroient sans rien y perdre,
Rab. Gar. I, 4. On [au] dyable l'ung qui se feignoyt
; c'estoyt triumphe de les voir bauffrer, id. Pant.
II, 26.
bâfreur
/ bâ-freur /
s. m.
Celui qui mange avec excès et gloutonnerie. Populaire.
bagace
/ ba-ga-s' /
s. f.
Voy. bagasse.
bagage
/ ba-ga-j' /
s. m.
1. Objets empaquetés,
nécessaires à ceux qui sont en voyage ou à la guerre.
Voyageur sans bagage. Le général marchant sans bagages. Le
soldat après la perte de tous ses bagages. Le soldat en
désordre Imprudemment s'engage Tant à brûler le camp qu'à
piller le bagage, Mairet, Sophon. II, 4. Son bagage
est bientôt fait ; il emporte ses bras et s'en va, J. J.
Rouss. Em. III.
/ Fig. Le bagage de
cet auteur n'est pas lourd, il a peu écrit.
/ Familièrement.
Plier, trousser bagage, décamper, s'en aller. Elle trousse
bagage, et faisant la gentille, Régnier, Sat. XIII.
Après la figure que nous avons faite, faut plier bagage,
Mol. Mis. IV, 4.
/ Plier bagage
signifie aussi mourir.
2. En termes de guerre,
armes et bagage, les armes et les équipages de la troupe. La
garnison capitula et obtint de sortir avec armes et bagage.
H. XVIe s. Il fit
plier bagage à ses troupes, Mém. sur du G. ch. 5. La
capitulation s'estoit faitte avec vie et bague sauve, et mal
gardée, pource que les soldats eschapperent, et pillerent le
bagage maugré les chefs, d'Aub. Hist. I, 335. La
capitulation se fist aussi tost à bagues sauves, enseigne
desploiée, et la meche allumée, sept jours de terme pour
ploier bagage, id. ib. II, 59. Nos troupes sont à
cette heure toutes troublées et difformées par la confusion
du bagage et des valets qui ne peuvent esloigner leurs
maistres à cause de leurs armes, Mont. II, 93.
bagarre
/ ba-ga-r' /
s. f.
Tumulte, grand bruit, encombrement, violent désordre. Il
a péri dans la bagarre.
bagasse
/ ba-ga-s' /
s. f.
1. Canne passée au moulin et
dont on a extrait le sucre.
2. Tiges de la plante qui
fournit l'indigo quand on les retire de la cuve après la
fermentation.
2. bagasse
/ ba-ga-s' /
s. f.
Femme de mauvaise vie. Vieux. On n'entend que ces mots,
chienne, louve, bagasse, Mol. l'Etour. V, 14.
Bagasse, ouvriras-tu ? Régnier, Sat. XI.
H. XIIIe s. C'est
cil [amour] qui les amans justise, Et qui abat l'orgueil des
gens, Et si fait des seigneurs sergens, Et des dames refait
baiesses [servantes], la Rose 875. Sire, serjant,
baiasse ou dame, ib. 11120. Tel baiasse [servante] ne
tel meschine, Du Cange, baila. Il n'ont baesse
[servante] ne serjent [serviteur], Ruteb. 128. Mais
de tes joies, dame chiere [la sainte Vierge], Ne lairoie que
ne contasse ; Li saluz, ce fu la premiere ; Dame, lors
t'apelas baasse, id. II, 16.
/ XIVe s.
Marguerite fut traictie par devers nous pour la bateure
Adeline, jadis beasse de la dite Marguerite, Du Cange,
beassa.
/ XVe s.
Icelle basse ou chamberiere du dit prestre, id.
audibilis.
/ XVIe s.
Tant qu'elle estimeroit que l'on voulust donner l'honneur
dont elle se verroit privée, à cette bagasse de Gabrielle,
Sully, Mém. t. I, p. 536, dans Lacurne.
bagatelier
/ ba-ga-te-lié /
s. m.
Celui qui dit ou fait des bagatelles. Il n'y aurait point
d'empêchement qui privât les quolibetiers du privilége du
jubilé ; ce que je puis dire des bagateliers, si toutes les
bagatelles étaient aussi belles que les vôtres, Rac.
Lexique, éd. P. Mesnard.
bagatelle
/ ba-ga-tè-l' /
s. f.
1. Objet de peu de prix ou
inutile. Je lui redevais une bagatelle. Mille francs, une
bagatelle pour un homme aussi riche. Il ne lui manque aucune
de ces curieuses bagatelles que l'on porte sur soi, autant
pour la vanité que pour l'usage, La Bruy. 2. Tu n'as
pas eu le courage de donner la moindre bagatelle à ta
maîtresse, Hamilt. Gramm. 11.
2. Chose frivole, sans
importance. Il se fâcha pour une bagatelle. Dire des
bagatelles. S'amuser à des bagatelles. A quelles bagatelles
ai-je perdu tout mon temps ! Ce qu'elle vous veut dire est
une bagatelle, Corn. Agés. II, 7. Voilà le fait!
c'est une bagatelle, Regnard, Fol. amour. Prologue.
Vous lirez cela quand vous n'aurez rien à faire du tout,
quand votre âme aura besoin de bagatelles ; car point de
plaisir sans besoin, Volt. Lett. Mme du Deffant, 13
oct. 1759.
3. Absolument, la bagatelle,
les frivolités agréables qui occupent le monde. Jusque-là
qu'en votre entretien La bagatelle a part ; le monde n'en
croit rien, La Font. Fab. X, 1. Ce n'est pas que
souvent on ne connaisse la bagatelle et le néant de tout
cela [le monde et ses engagements], Bourd. Pensées,
t. I, p. 224. Il ne faudrait que quelque réflexion ; mais
l'enchantement de la bagatelle dissipe tellement nos pensées
que nous oublions sans cesse le seul bien digne de notre
souvenir, id. ib. t. I, p. 37. Un homme qui n'a de
l'esprit que dans une certaine médiocrité, est sérieux et
tout d'une pièce ; il ne rit point, il ne badine jamais ; il
ne tire aucun fruit de la bagatelle, La Bruy. 11. Je
suis fort aise que ce petit traité me présente l'occasion
d'obliger les femmes à mépriser la bagatelle pour s'attacher
aux choses les plus belles et les plus utiles, Marg.
Buffet, Observ. p. 174.
/ S'amuser à la
bagatelle, s'occuper de choses futiles et sans intérêt.
C'est une politique sûre de laisser le peuple savourer la
bagatelle, La Bruy. 10.
/ Elliptiquement, et
comme expression de dédain. Bagatelle que tout cela.
4. Composition légère. Lisez
cette bagatelle ; elle est d'un homme d'esprit.
5. Amourette, galanterie. On
ne peut rien faire de ce jeune homme ; il n'aime que la
bagatelle. Je ne croirai jamais qu'elles s'offensent de ce
qu'on quitte un peu la bagatelle, Hamilt. Gramm. 4.
Maman dirait : craignez les bagatelles ! Le diable est fin,
tremblez, Suzon, Bérang. Cartes.
/ Ne pas s'amuser à
la bagatelle, pousser les choses plus loin que la simple
bagatelle, Baron, Fausse prude, II, 4. Les choses
étaient entre elle et le duc à ne plus s'amuser à la
bagatelle, Hamilt. Gramm. 8.
P. Ce sont les bagatelles de
la porte, se dit de choses sans importance et auxquelles il
ne faut pas s'arrêter.
bagaudes
/ ba-gô-d' /
s. m.
plur. Bandes de révoltés, dans les Gaules, qui
étaient composées surtout d'esclaves, et qui excitèrent des
troubles très sérieux sous les empereurs Dioclétien et
Maximien.
bagne
/ ba-gn' /
s. m.
Lieu où sont renfermés les forçats.
2. bagne
/ b-gn' /
s. m.
Terme de jardinage. Tonneau contenant de la terre à pots
tamisée.
bagnole
/ ga-gno-l' /
s. f.
Sorte de wagons pour les chevaux. Une compagnie de chemin
de fer est-elle tenue d'avoir dans chacune de ses gares et
stations, à la disposition des expéditeurs de chevaux, des
wagons-écuries, des wagons dits bagnoles et autres, au choix
des expéditeurs ? Gaz. des Trib. 17-18 août 1874, p.
787, 1re col.
R. Une bagnole est,
dit-on, dans les Ardennes, une mauvaise voiture. Bagnole
se dit couramment en Normandie dans le même sens. C'est
probablement un péjoratif de banne, banneau.
bagnolet
/ ba-gno-lè /
s. m.
Terme de marine. Prélart goudronné employé à couvrir les
câbles autour des bittes, à bord des navires non pontés.
bagnolette
/ ba-gno-lè-t' /
s. f.
Ancienne sorte de coiffe à l'usage des femmes.
bagou
/ ba-gou /
s. m.
Bavardage où il entre de la hardiesse, de l'effronterie,
et même quelque envie de faire illusion ou de duper. Mot
tout à fait populaire.
baguage
/ ba-ga-j' /
s. m.
Terme de jardinage. Incision circulaire pratiquée aux
branches des arbres fruitiers, de la vigne, pour arrêter la
séve descendante et empêcher le fruit de couler.
bague
/ ba-gh' /
s. f.
1. Anneau que l'on met au
doigt. En cette bague au moins reçois de mon honneur Et de
ma pasion un véritable gage, Rotr. Bélis. II, 16.
J'ai rencontré un orfèvre qui, sur le bruit que vous
cherchiez quelque beau diamant en bague... Mol. Mar.
forcé, 5.
/ Familièrement,
c'est une bague au doigt, se dit de toute chose dont on peut
tirer facilement avantage.
2. Anneau qu'on suspend à un
poteau, au bout d'une carrière où l'on court la bague. On
courait souvent la bague devant leurs fenêtres, Scarr.
Rom. com. II, ch 9. [Il] Court le faquin, la bague, escrime
des fleurets, Régnier, Sat. V. A faire des vers, à
courir la bague, Pasc. Grand. 13. Vous faisiez [Henri
III] mille grimaces, courir la bague en femme, faire des
repas avec vos mignons, puis faire le dévot, Fén.
XIX, 398.
/ Fig. Courir la
bague, faire rapidement une excursion. Nous sommes venus
courant la bague depuis la dinée, Sév. 349.
/ Jeu de bague,
machine à pivot, où sont adaptés ordinairement des chevaux
de vois, sur lesquels montent les joueurs qui cherchent à
enlever la bague.
3. Anneau soudé sur le corps
d'un tuyau d'orgue.
4. Terme
d'architecture. Membre de moulure qui divise horizontalement
les colonnes dans leur hauteur.
5. Terme d'horticulture.
Cercle d'œufs de papillon qui entoure une branche d'arbre
fruitier.
6. Terme de marine. Petit
cercle en fer ou en cordage servant à fixer les focs et
voiles d'étai.
7. Terme de mécanique. Bague
d'excentrique, cercle métallique qui enveloppe l'excentrique
circulaire.
8. Moulure au goulot d'une
bouteille. Litres, forme française à deux bagues, Enquête,
Traité de comm. avec l'Anglet. t. VI, p. 510.
H. XVe s. De là
alla le roy à Turin, et y emprunta les bagues de madame de
Savoye, et les mit en gage pour douze mille ducats, Comm.
VII, 5.
/ XVIe s.
Il passa dix jours à la bague, aux fleurets et au jeu,
d'Aub. Hist. II, 259. Il y fust couru en six jours unze
bagues, que plusieurs dames et demoyselles donnèrent,
Carl. III, 16. Les sergents lui voulans oster des bagues
d'or qu'il avoit pendues aux oreilles, lui arracherent quand
et quand le bout de l'oreille, Amyot, Mar. 21.
bagué, ée
/ ba-ghé, ghée /
part. passé.
de baguer. Une robe baguée.
2. bagué, ée
/ ba-ghé, ghée /
part. passé.
de baguer. 2. Une branche baguée.
3. bagué
/ ba-ghé /
adj.
m. Canon de fusil bagué, canon défectueux, et dont
la surface intérieure offre une espèce de bourrelet.
baguenaude
/ ba-ghe-nô-d' /
s. f.
1. Fruit du baguenaudier,
gousse pleine d'air et de petites graines, et qui éclate
avec bruit lorsqu'on la presse.
2. Ancienne pièce de poésie
française en dépit des règles et du bon sens ; c'était un
amphigouri en vers blancs.
3. Niaiserie.
H. XVe s. Comme
peut estres creance d'homme si legiere, que telles
baguenaudes soient prinses pour doctrine, ou telles
superstitions pour vraye religion ? A. Chartier,
l'Espérance, p. 253. Jean respondi à icelle femme : ce sont
toutes baguenaudes que tu me bailles, Du Cange,
bagarotinus. Baguenaude [nom d'une combinaison de rimes],
Henri de Croy, dans Hist. litt. de la Fr. t. XXIV, p.
451.
/ XVIe s.
Entre les especes de nostre poesie, il y en eut une que l'on
appeloit baguenaude, qui sembloit avoir esté de propos
delibéré introduite en despit de la vraye poesie,
Pasquier, Recherches, liv. VII, p. 594. Nota que les
Picards dient que les baguenaudes sont coupplets faicts à la
voulenté, contenans certaine quantité de syllabes sans ritme
ni raison, Fabri, Art de la rhétorique, liv. II, p.
58, verso.
baguenauder
/ ba-gue-nô-dé /
v. n.
S'amuser à des choses vaines et frivoles. Ton goût est de
baguenauder en amour, Hamilt. Gramm. 4. Je m'en vais
musant et baguenaudant jusqu'à Naples, P. L. Cour.
Lett. II, 64.
/ Il se conjugue avec
l'auxiliaire avoir.
H. XVe s. Par
quoy je conclus que mieulx vault nostre mestier et est plus
convenable, que d'aler baguenauder à la court et regarder
qui a les plus belles pointes, les plus gros bourrelets...
J. de Bueil, le Jouvencel, fo 16, recto.
/ XVIe s.
Diogenes qui baguenaudoit à part soy roulant son tonneau,
Mont. I, 378.
baguenauderie
/ ba-ghe-nô-de-rie /
s. f.
Action de baguenauder, niaiserie.
H. XVIe s. Me
suis trouvé avec des damoiselles qui se lavoient la gorge
des baguenauderies que leur avoient ramagé leurs courtisans,
Contes de Cholières, fo 220, verso.
baguenaudier
/ba-ghe-nô-dié /
s. m.
Arbrisseau d'ornement fort commun en Europe (colutea
arborescens, L.). Les feuilles, purgatives, portent le
nom de séné d'Europe, faux séné vésiculeux.
2. baguenaudier
/ba-ghe-nô-dié /
s. m.
1. Celui qui baguenaude.
2. Jeu composé d'un certain
nombre d'anneaux qu'il faut enfiler et désenfiler suivant un
certain ordre.
H. XVIe s.
Quelques reveries qu'apportent ici ou les philosophes ou ces
baguenaudiers, nous avons cela, que rien ne peut porter
l'image de Dieu sinon l'esprit, comme de fait Dieu est
esprit, Calvin, 37.
baguer
/ ba-gué /
v. a. Terme de tailleur.
Arranger et coudre à grands points les doublures d'un habit,
d'une robe, etc.
S. La différence entre
baguer et bâtir est que, quand on a bagué, les grands points
restent, et que, quand on a bâti, on enlève ces grands
points qui n'étaient que provisoires.
H. XVe s.Edouard
fist trousser et baguer tout son bagage, Jean de Troyes,
Chron. 1475. Nous gaignerons nostre escot, car icelle femme
est bien baguée, et creez qu'elle a desrobé qui que ce soit,
Du Cange, baga. Et Dieu sait s'elle partit, bien
baguée [nippée], Louis XI, Nouv. LXVII.
/ XVIe s.
... Navrent les uns et les aulcuns tuerent, Les autres prins
lyerent et baguerent, J. Marot, V, 28. ... Pour voir
amener le Biarnois prisonnier en triomphe, lié et bagué
[enchaîné], Sat. Ménip. p. 22.
2. baguer
/ ba-ghé /
v. a. Terme d'horticulture.
Enlever un anneau d'écorce à une branche.
3. baguer
/ ba-ghé /
v. a. Terme de marine.
Fixer, installer, placer des bagues où le besoin le
requiert.
bagues
/ ba-gh' /
s. f.
plur. Bagage. Unité seulement en cette phrase :
sortir vie et bagues sauves, sortir d'une place de guerre en
sauvant ses bagues, c'est-à-dire avec permission d'emporter
sur soi tout ce qu'on peut.
/ Fig. Sortir,
revenir bagues sauves ; se tirer heureusement d'un danger,
d'une difficulté.
H. XVe s. Le roy
m'envoya parler à ceulx qui estoient dedans Mondidier,
lesquelz s'en allerent leurs bagues saulves, et laisserent
la place, Comm. IV, 3. ... Or je Vous laisse gantelet
et dague, Car au surplus je n'ay plus bague De quoy je me
pusse deffendre, Villon, Arch. de Bagn.
/ XVIe s.
Ceulx de dedans lors bagues saulves crient, J. Marot,
V, 91. Marcou souloient crier, et faire grosses bragues,
Mais ores vouldroient ils quicter harnoys et bagues, id.
V, 156. Herophytus conseilla aux alliez de prendre plus tost
les bagues et despouilles des Perses, que les Perses mesmes,
Amyot, Cimon, 15. Gylippus leur envoya denoncer par
un herault, qu'il leur permettoit de s'en pouvoir aller vies
et bagues sauves hors de la Sicile, id. Nicias, 35.
baguette
/ ba-ghè-t' /
s. f.
1. Sorte de petit bâton
mince et flexible.
/ Dans quelques pays,
certains officiers portaient une baguette quand ils étaient
en fonction ; de là figurément, le sens d'autorité donné à
baguette. Se laisser mener à la baguette, se montrer soumis
à une volonté impérieuse. Harlay, le premier président,
menait ce grand corps [le parlement] à la baguette,
St-Sim. 16, 193. Le marquis d'Effiat gouvernait
Monsieur, la cour et souvent ses affaires à baguettes,
id. 327, 25.
2. Baguette magique,
baguette que portaient les fées, les magiciens. Là j'ai la
baguette des fées, A faire le bien je me plais, Bérang.
Petit coin. De sa baguette un ou deux coups Donnaient
fécilité parfaite, id. Petite fée.
/ Fig. Cela s'était
fait avec un coup de baguette, Sév. 75. Le coup de
baguette fait sortir de terre tout ce qu'il veut, id.
177.
3. Baguette divinatoire,
baguette tournante, baguette de coudrier qui tourne entre
les mains de certaines gens, et qui est supposée donner la
faculté de reconnaître les sources, les trésors cachés, les
assassins, etc.
4. Baguettes de tambour, les
deux petits bâtons avec lesquels on bat la caisse.
5. Baguette de fusil, de
pistolet, baguette qui sert à presser la charge dans le
canon. On le [Candide] fait tourner à droite, à gauche,
hausser la baguette... Volt. Cand. 2.
6.
S. f.
plur. Supplice militaire qui consiste à frapper
avec une baguette. Passer un soldat par les baguettes.
7. Terme d'architecture.
Petite moulure ronde, en forme de baguette.
8. Dans les laboratoires,
tige de verre pour remuer ou mélanger des substances.
9. Technologie. Morceau de
bois pour aplanir les cuirs, ou sur lequel on les fait
égoutter.
/ Outil de
l'artificier, du chandelier.
/ Lingot d'or ou
d'argent réduit à une certaine grosseur par la filière.
10. Terme de marine.
Mâtereau placé en arrière des bas mâts.
11. Terme de chasse. Sorte
de bâton dont le fauconnier se servait pour faire partir la
perdrix des buissons et tenir les chiens en crainte.
12. Nom des grandes tulipes
de Flandre, qui leur vient de leur force et de leur hauteur.
13. Arbalète à baguette
(voy. arbalète).
H. XVIe s. Elles
commandent à baguette, et regentent les regents et
l'eschole, Mont. III, 281. Vous commanderez comme il
vous plaira et à la baguette si vous voulez ; mais icy...
Carl. III, 10. Un tas de gens glorieux, resolus,
affirmatifs, qui veulent regenter le monde et le mener à la
baguette, Charron, Sagesse, II, 2.
bagueur
/ ba-gheur /
s. m.
Instrument propre à baguer.
baguier
/ ba-ghié /
s. m.
Petit coffre pour serrer les bagues. Gens tout nourris de
flatteries Sont un bijou qui n'entre pas Dans son baguier de
pierreries, Volt. Ep. LVII.
bah
/ bâ / interj. famil.
Qui exprime un étonnement mêlé de doute, ou un sentiment
d'insouciance, etc.
bahut
/ ba-u ; le t ne se lie pas, du
moins dans la conversation /
s. m.
1. Grand coffre garni de
cuir, et dont le couvercle est légèrement bombé. Un bahut
sculpté.
/ Huche. La vieille
fouille au bahut [prend le pain], La Font. Faucon.
/ Meuble ancien en
forme d'armoire.
2. La dernière assise d'un
mur de parapet de pont ou de quai qui est taillé en bahut,
c'est-à-dire bombé.
3. Dans un jardin, bombement
d'une allée ou d'une plate-bande.
4. Dans l'argot des écoles,
pensionnat, logement.
H. XIIIe s. Et
uns vieus baüs Ocist quatre dus [ducs], Son corps defendant,
Fatrasies. édit. Jubinal, II, 216.
/ XVe s.
Premierement il [Hue le Dépensier] fut trainé sur un bahut à
trompes et à trompettes par toute la ville de Herford,
Froiss. I, I, 24.
/ XVIe s.
La peau est envoiée au coroieur, pour, accoustrée, servir à
faire des grands cribles pour nettoier les bleds, ou à
couvrir des coffres à bahu, O. de Serres, 836.
bahutier
/ ba-u-tié /
s. m.
Ouvrier qui fait des bahuts, des coffres, des malles.
/ Locution
proverbiale. Faire comme les bahutiers, faire plus de bruit
que de besogne.
R. Le proverbe relatif aux
bahutiers qui font plus de bruit que de besogne, a
probablement donné origine au verbe populaire bahuter,
faire tapage.
bahutte
/ ba-u-t' /
s. m.
Nom italien, inusité en français, du domino vêtement.
J'ai un peu dérangé ma philosophie pour me mettre comme les
autres [à Venise] ; de sorte que je cours la place et les
spectacles en masque et en bahutte, tout aussi fièrement que
si j'avais passé toute ma vie dans cet équipage, J. J.
Rousseau. Lett. à Mme de Montaigu, 23 nov. 1743.
bai, baie
/ bè, bê /
adj.
D'un rouge brun, en parlant des chevaux. Je fis trois
charges sur mon excellent courtaut bai brun, St-Sim.
12, 139.
/ Variétés : bai
fauve, bai clair, bai cerise, bai foncé, bai châtain, bai
marron, bai brun. Quand on nomme ces variétés, on les
emploie, par ellipse, en adjectif invariable : des chevaux
bai clair, bai foncé. On emploie aussi le nom de ces
variétés, comme substantif masculin : le bai clair.
H. XIIe s. Li
quens Ernaus broiche le destrier bai, Raoul de Camb.
124.
/ XIIIe s.
[Ils] Orent Berte montée sur un palefroy bai, Berte,
VII.
/ XVIe s.
Les uns la figurent [la licorne] noire, les autres de bay
obscur, Paré, Licorne, 2.
baïanisme
/ ba-ia-ni-sm' /
s. m.
Voy. plus loin bayanisme, J. B. Duchesne :
Histoire du baïanisme ou de l'hérésie de Michel Baïus, avec
notes et pièces justificatives, Douai, 1721, in-4o.
baie
/ bê /
s. f.
Petit golfe dont l'entrée est resserrée.
2. baie
/ bê /
s. f.
1. Terme de maçonnerie.
Ouverture qu'on pratique dans un mur ou dans un assemblage
de charpente pour faire une porte, une fenêtre.
2. Espace qui reste à paver
dans une chaussée.
H. XIIe s. Et par
l'uis dont cuida clore cele baée Est la veie desclose, et
l'ire Deu mustrée, Th; le mart. 153.
3. baie
/ bê /
s. f.
Tromperie, mystification. La muse Qui me repaît de baie
en ses fous passe-temps, Régnier, Sat. XV. Mon
esprit... Qui dans ses caprices s'egaie Et souvent se donne
la baie, id. Ep. III. J'ai donné cette baie à bien
d'autres qu'à vous, Corn. le Ment. III, 5. On leur
fait admirer les baies qu'on leur donne, id. ib. I,
6. Le sort a bien donné la baie à mon espoir, Mol.
l'Etour. II, 13.
H. XIIIe s. Dame,
gardez vous de la bée [attente inutile], Qui en maint lieu
par la contrée S'arest et fait la gent muser, Lai du
conseil. Par tel bée, par tel desir [elle] Passe tant
vespre et tant matin, Que sa biauté va à declin, ib.
/ XVe s.
Messeigneurs, pardonnez-moi que je vous ai fait payer la
baie [mystification], Louis XI, Nouv. LXXXI.
/ XVIe s.
Ils font contenance d'avoir la teste pleine de plusieurs
belles choses ; mais à faulte d'eloquence ne les pouvoir
mettre en evidence, c'est une baye, Mont. I, 188. Il
tint ce dernier avis encores pour une baie, d'Aub.
Hist. II, 61.
4. baie
/ bê /
s. f.
Terme de botanique. Fruit charnu dépourvu de noyau, et
dont les graines sont placées au milieu de la pulpe : tels
sont les raisins, les groseilles. On donne aussi par
extension le nom de baies à des fruits dont les graines sont
contenues dans des loges, tels que ceux des morelles, de la
belladone, etc. On eût dit que ses joues [de Clodion]
étaient peintes du vermillon de ces baies d'églantiers qui
brillent au milieu des neiges, Chateaub. Mart. 202.
/ Dimanche des baies,
un des noms donnés au dimanche des Rameaux, parce qu'on y
apporte souvent des branches de laurier, garnies de leurs
baies.
H. XIIIe s. Et se
il y metoit [dans la bierre] autre chose pour efforcier,
c'est à savoir baye, piment et pois resines, il l'amenderoit
au roi de vint sous de Paris, Livr. des mét. 30.
/ XVIe s.
Bague [pour baie de lierre], Rab. Pant. V, 34. Un
emplastre de baies de laurier, Paré, VI, 23. Bayes de
lierre, id. XV, 59.
baïfin
/ ba-i-fin /
adj.
masc. On appelle vers baïfins et plus souvent vers
métriques, des vers français qu'on essaya de faire, au XVIe
siècle, sur la mesure des vers grecs ou latins.
baignade
/ bè-gna-d' /
s. f.
Action de prendre des bains en rivière ou en mer. La
préfecture de police vient de faire afficher dans le
département dela Seine une ordonnance concerant les
baignades en pleine rivière, Journ. offic. 2 juin
1876, p. 3787, 2e col.
baignage
/ bè-gna-j' /
s. m.
Nom donné, dans le Calvados, à l'irrigation des prés,
les Primes d'honneur, Paris, 1870, p. 15.
baignant
/ bé-gnan /
s. m.
Se dit, dans les lieux où l'on prend les bains de mer, de
celui qui prend les bains, quand on veut le distinguer de
celui qui les fait prendre. Le baignant et le baigneur.
baignante
/ bè-gnan-t' /
adj.
f. Prairies baignantes, nom, dans le Calvados, des
prairies arrosées, les Primes d'honneur, Paris, 1870,
p. 15.
baigné, ée
/ bè-gné, gnée /
part. passé.
1. Qui a pris un bain. Rasé
et baigné.
2. Mouillé. Tout baigné de
sueur. Ses beaux yeux étaient baignés de larmes, Fén.
Corn. Cid, III, 1. Ses yeux baignés de pleurs
demandaient à vous voir, Rac. Bér. V, 7. Ces bras que
dans le sang vous avez vus baignés, id. Iphig. II, 5.
Une femme éperdue et de larmes baignée, Volt. Orph.
II, 7. Tous les yeux étaient baignés de larmes, Sév.
206. Elle paraît baignée dans l'excès de la joie, id.
437.
3. Arrosé par une rivière.
Les plaines baignées par l'Euphrate.
baigner
/ bè-gné /
v. a.
1. Faire mettre dans l'eau,
mettre dans le bain. Baigner des troupeaux dans le ruisseau.
Baigner quelqu'un dans de l'eau tiède.
2. Mouiller, inonder.
Baigner son visage de larmes. Vous baignant de ses larmes
paternelles, Mass. Exempl. Elle prend ses enfants et
les baigne de pleurs, Rac. Phéd. V, 5.
/ Fig. Un si touchant
regard baigne votre prunelle, V. Hugo, F. d'automne,
24.
3. Couler dans, auprès ou
autour, en parlant d'une rivière. Le Nil baigne l'Ethiopie.
Le fleuve qui baigne ces parages. La mer qui baigne la
Bretagne. J'ai, malgré leurs efforts, soumis à votre règne
Ce que le Tibre lave et que le Gange baigne, Rotr.
Bélis. I, 6. Un captif qui voit chaque jour Voguer la plus
elle des filles Sur les flots qui baignent la tour,
Bérang. Prisonn.
4.
V. n.
Etre plongé dans. Cet arbre baigne dans l'étang. Des
olives baignent dans la saumure.
/ Fig. Il se dit de
la lune quand elle est entourée d'un cercle et que son
contour est mal terminé. La couleur pâle de la lune, les
cercles concentriques plus ou moins obscurs dont elle est
entourée, ses cornes mal terminées, l'auréole lumineuse qui
s'étend autour d'elle et qui fait dire que la lune baigne,
sont autant de signes de pluie ; les étoiles présentent des
signes pareils : leur lumière perd de sa vivacité et elles
baignent aux approches de la pluie, Journ. offic. 20
sept. 1873, p. 5976, 1re colonne.
5. Se baigner, v. réfl.
Se mettre dans la confiance, Sév. 453. Le crédit de
Chamillard s'augmentait tous les jours par l'orgueilleux
plaisir dans lequel le roi se baignait de former son
ministre, St-Sim. 96, 12.
/ Se baigner dans le
sang, se plaire à en répandre. Songe aux fleuves de sang où
ton bras s'est baigné, Corn. Cinna, IV, 2. Qu'un
jeune audacieux se baigne dans leur sang, id. Cid,
II, 9. Que... malgré la pitié dont je me sens saisir, Dans
le sang d'un enfant je me baigne à loisir, Rac.
Androm. I, 2. Dans l'infidèle sang baignez-vous sans
horreur, id. Ath. II, 2. Une impie étrangère Se
baigne impunément dans le sang de nos rois, id. Ath.
I, 1. Vengez-vous, baignez-vous au sang du criminel,
Volt. Mér. IV, 2. Dans le sang innocent ta main va se
baigner, id. Alz. V, 5.
R.
1. Lorsqu'il s'agit de
l'action d'une personne qui prend un bain, le verbe baigner
doit toujours être réfléchi ; ainsi on dira : ils sont allés
se baigner ensemble ; et non : ils sont allés baigner
ensemble. Il ne devient neutre que lorsqu'il exprime qu'un
objet trempe dans un liquide.
2. On dit : ils le
trouvèrent baigné dans son sang. Mais peut-on dire : ils le
trouvèrent baignant dans son sang ? Des grammairiens ont
condamné cette locution, mais évidemment elle est légitime ;
et baignant dans son sang est acceptable au même titre que
nageant dans son sang.
H. XIIe s. Je
vous plevis qu'en lor sanc iert [mon épée sera] bagnie,
Ronc. p. 43. Dedens le cors son espié [il] a baingnié,
ib. p. 89. Et les malades reposer et beignier, ib.
p. 159. Et la grant court de France, au dous renom Où toute
valeur se baigne, Hues de La Ferté, Romancero, p.
182. Iluec curreit une ewe... Là se baignout les seirs pour
sa char refreidier, Th. le Mart. 94.
/ XIIIe s.
Et li homme estoient si baignié [mouillé], que tout estoient
tout ensi comme mort que de le [la] gielée que du froit,
H. de Valenc. XXVIII. Seiner [saigner] se fet cuntre aun
mal ; Al terz jur dist k'il baignereit [se baignerait],
Marie, Equitan. Que baignier se doivent ensemble, la
Rose, 14580. L'on ne puet trere en plet cels qui ovrent
en vigne, ne qui se beignent, ne qui sont en moutiers,
Liv. de just. 84, Baron, dist-il à eus, ne soiés esmaié
; Moult furent, en vos terres, li plusor aaisié, Vestu et
conreé, remué et baignié, Ch. d'Ant. VIII, 415. Et
quant Tangrés le voit, à poi qu'il ne forsaigne, L'espée a
traite nue, o grant ire se baigne, Ch. d'Ant. III,
135. S'on les trueve noiés où il fust accoustumé d'aler, si
comme por baignier, ou por avoir de l'yaue, ou por pesquier
[pêcher], Beaum. LXIX, 13. Chanoine, clerc, et roi,
et conte Sont trop aver [avares] ; N'ont cure des ames
sauver, Mès les cors baignier et laver Et bien norrir,
Ruteb. II, 1. Mal furent tiex avoirs acquis et gaaigné,
Dont li filz et li pere sunt en enfer baigné, J. de Meung,
Test. 342.
/ XIVe s.
A la premiere riviere qu'il verroit d'en haut, [l'esprevier]
s'en yroit baignier, Ménagier, III, 2.
/ XVe s.
Elle fut percée et baignée [par la pluie] jusques à la peau,
Louis XI, Nouv. XL.
/ XVIe s.
Nous contentans de nostre justice, sagesse et vertu, nous
sommes bien aises et nous bagnons à nous flatter, jusques à
nous priser comme demi-dieux, Calv. Inst. 2. Que ces
contreroleurs se monstrent un peu, et puis qu'ils se bagnent
à rejecter des cœurs humains toute reverence de l'Escriture,
id. ib. 44. Que nous n'affections point une grace de
brocarder et mordre en riant les uns et les autres, comme
font aucuns, qui se bagnent [délectent] quand ils peuvent
faire vergongne à quelcun, id. ib. 309. J'en
laisserai du tout faire à l'Espaigne, De qui la main en
nostre sang se baigne, Marot, I, 328. Tout estoit mer
; et la mer qui tout baigne, N'a aucuns borts... id.
IV, 27. Il se baigne et delecte à tourmenter toutes sortes
de gens, Carloix, IV, 10. Le sang de ceulx qui furent
occis sur la grande place seulement, baigna tout le
quartier, Amyot, Sylla, 31. Le malade sera purgé,
baigné, saigné, Paré, XI, 14. L'on doit appliquer
estoupades baignées en oxycrat, id. XIV, 6.
baigneur, euse
/ bè-gneur, gneû-z' /
s. m.et f.
1. Celui, celle qui tient
des bains publics.
/ Valet, servante de
bains.
/ Sur les côtes,
celui, celle qui fait prendre des bains de mer.
2. Au XVIIe s.
Celui qui tenait une maison de bain et de plaisir pour les
hommes de bon ton. La Vienne, baigneur à Paris, fort à la
mode, était devenu le sien [du roi] du temps de ses amours,
St-Sim. 30, 96.
3. Celui, celle qui se
baigne. On rencontre partout des baigneurs sur cette rive.
4. Baigneuse,
s. f.
Ancienne coiffure de femme.
/ Vêtement poUr le
bain.
5. Baigneur, nom donné, dans
le Calvados, à ceux qui opèrent l'irrigation des prés,
les Primes d'honneur, Paris, 1870, p. 15.
R. Au XVIIe s. et
même plus tard, les baigneurs étaient en même temps logeurs.
J'avais logé au faubourg Saint-Germain chez un baigneur avec
l'évêque de Limoges, Tilly (né en 1764), Mém. t. I,
p. 201.
baignoir
/ bè-gnoir /
s. m.
Lieu où l'on se baigne, établissement de bains. On doit
établir un baignoir dans le lac de Nantua, à l'usage de la
population de cette ville, Courrier de l'Ain, juin
1875.
R. Il n'est pas probable que
ce néologisme, qui pourtant ne serait pas inutile,
s'établisse, soit à cause de l'homophonie avec baignoire,
soit parce que bains s'emploie déjà en un sens
voisin.
baignoire
/ bê-gnoi-r' /
s. f.
1. Vaisseau pour prendre des
bains.
2. Dans un théâtre, loge au
niveau du parterre.
3. Poêle dans laquelle les
hongroyeurs font chauffer l'eau d'alun et le suif.
H. XIVe s.
Qui veult saler la venoison en esté, la convient saler en
cuvier ou baignoire, Ménagier, II, 5.
/ XVe s.
Chaudiere, baingnoire et cuviaux, E. Deschamps,
Ménage des nouveaux mariés.
/ XVIe s.
Et quand il veit, entrant dedans l'estuve, les bassins,
banoueres, les buyes, les phioles et bouettes [boîtes] aux
parfums... Amyot, Alex, 37.
bail
/ baill, ll mouillées /
s. m.
1. Terme de jurisprudence.
Contrat par lequel on cède la jouissance d'une chose pour un
prix et pour un |